Un bateau pour nettoyer les océans, un site pour réparer plutôt que jeter et la science au service de la défense des abeilles

Le week-end du 23 et 24 novembre se tenait à la cité des sciences et de l’industrie le salon Maker Faire. C’est un salon dans le mouvement du Do-It-Yourself (DIY – Faites le vous-même), regroupant des ateliers, présentations et conférences autour des thèmes de la créativité, la fabrication et le DIY. Quelques présentations et stands nous ont particulièrement convaincu qu’il y a du bon dans tout cela !

Sans s’attarder sur tout ce qu’on a pu y voir : du bidouilleur fou inventant de nouvelles sonorités avec des matériaux de recyclage aux passionnés de bornes d’arcade en passant par l’impression 3D pour améliorer le glaçage de ses sablés (sans jugement de valeur, les stands auxquels nous pensons étaient très sympa), certains stands ont particulièrement touche le futur sera beau.

Nous avons eu des coups de coeur pour des projets d’apprentissage de la robotique, pour la présentation de jouets pour enfants axés sur le réemploi du carton (grand succès auprès d’U 10 ans et S 5 ans pro du réemploi du carton depuis).

Mais nous voudrions parler de 3 projets qui nous ont particulièrement touché

Nettoyer les océans avec un navire

En premier lieu, coup de chapeau a un projet dont on avait peu entendu parler : le projet Manta de SeaCleaners.

Ce projet consiste ni plus ni moins à créer un navire de collecte et traitement des déchets plastiques dans la mer, navire qui serait en outre à énergie renouvelable ainsi qu’alimenté par le traitement des déchets lui même (valorisation énergétique). Alors oui, ce n’est pas vraiment du DIY, ça s’éloigne un peu du thème du salon, mais ça fait vraiment chaud au coeur de voir émerger de telles initiatives pour la planète. Le projet est des plus sérieux, porté par le navigateur Yvan Bourgnon.

On se prend a rêver en voyant cette vidéo — outre que l’homme fasse plus attention à ses déchets — qu’une armada de Mantas voguent sur les océans pour réparer les dommages que nous avons déjà causé.

L’association ne porte pas bien entendu que le projet Manta et conduit des aussi des opérations de nettoyage, sensibilisation.

Petit bonus, pour ceux qui sont des quadra et qui pensaient que « le plastique c’est fantastique », le groupe Elmer Food Beat est un soutien du projet avec cette belle reprise de leur tube historique.

Réparer plutôt que jeter

Un des aspects du DIY est aussi de réparer plutôt que de jeter. Nous avons rencontré sur le salon SPAREKA, qui montre qu’on peut ne pas être une association mais une entreprise et œuvrer dans le bon sens (bon on en est convaincu ici, mais souvent on peut faire ce raccourci). Ici le projet de SPAREKA est d’aider ses clients a réparer eux-même en les aidant à diagnostiquer la panne, en proposant les pièces (la part monétisée de leur activité) et les tutos pour réparer.

Tout part d’une approche assez saine : tous les ans, nous jetons des équipements qui nous conviennent mais qui ne fonctionnent plus et qu’on n’ose pas ouvrir et pour lesquels on ne trouve pas non plus de réparateur. Alors on jette avec dans le meilleur des cas un léger soulagement de notre conscience si on a rapporté l’objet dans un circuit de collecte des déchets d’équipements électriques et électroniques (DEEE).

A titre personnel, la rencontre sur le stand de l’équipe de SPAREKA m’a « donné le courage » de démonter ma machine a café avec broyeur qui commençait a voir de sérieux signes de faiblesse alors qu’elle n’a que 5 ans. Résultat des courses ça m’aura couté que 15€ de pièces. Surtout, c’est SPAREKA qui m’a orienté pour identifier le problème.

AJOUT : cette démarche va également dans le sens de la politique de sensibilisation engagée par le ministère « Nos objets ont plein d’avenirs ».

Les bactéries sont nos amies, ou la lutte biologique contre le frelon asiatique

Enfin, dernier coup de coeur du salon pour nous, le projet « To Bee … Hornet to Bee » (oui ils se sont bien amusés sur le nom). Projet très intéressant : il s’agit de donner aux abeilles (et frelons européens aussi concernés) des armes contre le frelon asiatique. Alors non n’attendez pas un stage commando pour abeille à la rambo. Il s’agit ici de lutte biologique.

Le frelon asiatique est arrivé en Europe et menace nombre d’espèces et notamment nos abeilles. Constatant que malheureusement les stratégies actuelles contre cette espèce invasive donnent peu d’effets sur la durée, les étudiants-chercheurs sont en train de développer un piège spécifique en s’appuyant sur la « biologie synthétique ». L’idée est de créer un piège sélectif avec des appâts à base de molécules attractives pour le frelon asiatique — mais pas les autres espèces (elles seraient au contraire un répulsif ce qui les protégerait d’autant). Il ne s’agit donc pas ici de molécules pour « détruire » avec un risque collatéral mais bien pour attraper les colonies de frelons asiatiques.

Par ailleurs les molécules employées ne seraient pas issues de chimie de synthèse mais en s’appuyant sur des bactéries qui produiraient les molécules.


Il y avait bien d’autres projets mais nous voulions déjà partager ces 3 projets qui correspondent bien aux enjeux de notre temps : changer notre vision de la consommation, réparer nos erreurs passées, aider le vivant.